Transcription des sténogrammes après chaque passage sténographié.
Yvette est horrifiée en voyant revenir son mari avec dans les mains la brouette de Marcellin. Son pantalon déchiré et ses avant-bras sanguinolents, profondément égratignés par les ronces, l’impressionnent tout autant. « Mon Dieu, avec quel diable t’es-tu battu ? Mais lâche donc cette brouette, c’est une malédiction ! » « Ne t’affole pas, Marcellin n’est pas encore un fantôme. Tu verras qu’il reviendra bientôt chercher ici son Émilie. » « C’est insensé, Marcellin est mort dans l’incendie de sa maison. » « Pas plus insensé que de croire que son fantôme va venir nous hanter. » « De toute façon, je ne veux pas de cette brouette chez nous et je te prie de nous en débarrasser à la déchetterie. » « Sûrement pas. » Les deux se fâchent, la brouette reste et Yvette quitte le soir même le domicile conjugal. Le lendemain au soir, elle n’est toujours pas revenue. Jean-Louis téléphone à sa fille Claudie, certain qu’Yvette est avec elle. « Non, maman n’est pas ici. Avait-elle prévu de venir ? » « Disons que je la croyais chez toi. Désolé de t’avoir dérangée.» « Tu sembles inquiet. Y a un problème ? » « Rien de méchant, une petite brouille entre nous. Elle ne doit pas être loin. »
Jean-Louis n'est pas aussi serein qu'il veut le montrer. Il passe la soirée à se demander où Yvette a bien pu passer. Le jour suivant, il la cherche encore et ne sait que dire à Claudie qui le soir lui demande des nouvelles. Un appel de l’hôpital central de la ville met dramatiquement fin à leurs interrogations. « Votre épouse est hospitalisée dans nos services. Une voiture l’a renversée. Elle est sortie du comas et a pu nous communiquer son identité. Pouvez-vous venir remplir les formalités pour la suite de son hospitalisation ? » Jean-Louis est si bouleversé que dès son arrivée au chevet d’Yvette, il lui promet d’amener comme elle le souhaite la brouette de Marcellin à la déchetterie. Mais quelqu’un s'en charge avant lui. Quand Jean-Louis visionne l’enregistrement de la caméra de surveillance, il est bien déçu. Ce n’est pas Marcellin qui apparaît, mais la silhouette boitillant d’un jeune homme. Encore ce chenapan qui s’amuse à épouvanter les visiteurs du vieux manoir. Compterait-il, avec la brouette de Marcellin, entretenir encore plus la rumeur que les ruines de ce manoir sont hantées par de redoutables fantômes ? Jean-Louis le pense et veut punir l’effronté. A suivre prochainement dans de nouveaux paragraphes.

