(Transcription des sténogrammes après chaque passage sténographié)
Estelle restant sans voix, Brice a coupé la communication, satisfait d’avoir semé la zizanie entre les deux secrétaires qui lui tapent sur les nerfs avec leurs bavardages de commères. Elles n’ont plus aucune envie de se revoir au bureau se réjouit-il, certain que chacune a dû demander à être déplacée dans un autre service. Il va enfin avoir la paix, loin de ses perruches qu’il comprend si mal. Il n’est bien qu’avec son petit cercle d’amis, aussi misogynes que lui. Ce soir, il fêtera avec eux sa victoire sur Estelle et Ophélie. Tout à cette joyeuse perspective, il se met à fredonner leur chanson culte « Les copains d’abord » de Brassens, et…la porte s’ouvre sur Estelle et Ophélie, plus complices que jamais. L’air moqueur avec lequel elles le regardent lui déplaît au plus haut point. Le revoilà revêche et désobligeant « Et alors, je chante faux, c’est ça ? Vous n’avez qu’à vous mettre des bouchons d’oreille, au moins vous ne perdrez pas de temps à cancaner. » Ces amabilités n’ont aucun effet sur les deux amies, leur bougon collègue s’est révélé si pitoyable en cherchant à les embrouiller, cachant le sac de l'une et versant de la citronnelle dans les bains moussants de l’autre.
Quelques jours plus tard, Brice déménage dans un nouveau bureau. C'est lui qui au final a demandé à se faire déplacer. Connaissant le caractère ronchonneur de cet employé, le DRH a estimé qu'il pouvait sans scrupules le mettre avec Barnard, un autre ronchonneur encore plus irascible, que personne jusqu’ici n’a supporté de côtoyer. Il a eu raison. Fin juin, pour un pot de départ en vacances, Brice s’approche tout souriant d’Estelle et Ophélie. Dans chaque main, il tient un cadeau : un sac de voyage pour Ophélie, du bain moussant exotique pour Estelle. « Barnard m’en fait trop baver, et très sincèrement je vous regrette. Que diriez-vous si je vous emmenais passer une semaine dans ma villa sur l’île de Jersey ? » La proposition est osée, les deux femmes la déclinent mais elles sont touchées et peu rancunières pour ses mauvaises humeurs passées, elles l’embrassent toutes deux sur le front. Désormais ils formeront un bon trio de camarades dans l’entreprise. Fin

