Transcription des sténogrammes après chaque passage sténographié.
Bryan sait maintenant qui désigner à la police pour qu'elle cesse de le soupçonner d'avoir soustrait Paul-Henri à ses parents. Son cœur éclate de joie. Laissant Augustin et Jeanne-Marie très déconcertés, il s'en va aussitôt la partager avec Emma « Mais tu ne peux pas les faire accuser de kidnapping » s’écrie-t-elle « Réfléchis un peu. S’ils avaient enlevé Paul-Henri, ils l’auraient enfermé pour l’empêcher de chercher à revoir ses parents. Ils ne se seraient certainement pas promener avec lui dans une kermesse. » « J’irai tout de même à la police pour signaler que Paul-Henri est sous leur garde. Je veux écarter les soupçons qui pèsent sur moi. » « Je comprends mais avant d’aller à la police, laisse-moi le temps de parler à ma cousine. » Au téléphone, Jeanne-Marie s’obstine d’abord à nier avoir Paul-Henri sous sa garde. Il faut qu’Emma évoque le grave préjudice que subit Bryan à cause de la disparition de l’enfant pour que sa cousine lui confie « J’avoue, je suis complice des parents de Paul-Henri. Ils ont manigancé pour faire croire à l’enlèvement de leur garçon. Je ne suis pas très à l’aise de savoir que le voisin est soupçonné mais c’est un mal pour un bien. »
Emma ne comprend pas. Comment peut-on voir le bien dans des manigances qui ruinent la vie d'un homme ? Jeanne-Marie explique « Monsieur et madame de La Ferronnière nous ont contactés, Augustin et moi car, comme tu le sais, nous sommes connus dans le milieu végan de la région pour nous être fortement opposés à scolariser nos enfants dans un établissement non adapté aux habitudes véganes. Nous avons dû céder quand la police est intervenue et nous en gardons une rancune tenace. Alors quand ils nous ont demandé de cacher leur petit Paul-Henri qu’ils ne veulent pas, en tant que végans et comme nous dix ans plus tôt pour nos enfants, scolariser dans un établissement classique, nous avons accepté. Nous leur évitons ainsi les poursuites policières que nous avons subies. Bien sûr, nous avons été choqués par l’idée de faire accuser le voisin de la disparition de Paul-Henri, il n’en était pas question au départ, mais en entendant le montant du dédommagement que les de La Ferronnière sont prêts à verser, nos scrupules se sont calmés. Ton ami Bryan va gagner très gros. » « Oui mais quand ? Sa vie est une galère en ce moment. »
Jeanne-Marie assure « Dès que l'école associative végane réouvrira et c'est pour bientôt. Paul-Henri n'aura plus besoin de se cacher et ton ami non plus. Les fondateurs de l'école sont en passe de gagner le procès qu’ils ont intenté pour faire reconnaître l’illégalité de sa fermeture.»
Quelques semaines plus tard, ses paroles se réalisent. Bryan a accepté de patienter jusque là sans dénoncer Jeanne-Marie et Augustin de détenir Paul-Henri, et il ne porte pas plainte non plus contre les de La Ferronnière qui ont manigancé pour le faire soupçonner d’enlèvement. En apprenant qu’ils lui verseraient bien plus que le montant des dommages-intérêts auxquels la justice pouvait les condamner, Bryan était presque heureux de jouer le pizzaïolo postiche. « A ce prix-là, ils auraient pu me demander directement de tenir le rôle de suspect dans la disparition de leur enfant ! » Fin


