Transcription des sténogrammes après chaque passage sténographié.
Odile accompagne de bon cœur Maurice dans le partage de cette choucroute qu'elle n'a vraiment pas ratée. C'est seulement au moment où il propose d'en reprendre, qu'elle refait allusion aux lapins, lui demandant si aujourd’hui il est allé les voir. « Non, avec tout le pain dont j’ai garni leurs cages dimanche…Mais j’y pense, ils doivent être à court d’eau. Le sel du pain à dû les faire boire souvent.» Sur ces mots, il se lève. Odile le devance. Elle doit maintenant trouver les mots qui détourneront Maurice de l’idée qu’elle aurait empoisonné les lapins. Les voilà tous deux à l’entrée de l’enclos des clapiers. Odile n’a toujours pas trouvé à s’expliquer quand Maurice, consterné, aperçoit les dépouilles. « Qui les a fait sortir ?...Pourquoi sont-ils morts ?... » Le regard soudain mauvais, il se tourne vers Odile. Elle se met à déballer pêle-mêle que non, c’est pas elle pour les lapins, que pour la choucroute c’est elle, qu’elle voulait…Il n’en écoute pas plus. Se prenant le ventre à deux mains, il roule à terre en geignant. Odile s’agenouille auprès de lui, il l’a repousse « Va-t’en, t’es qu’une empoisonneuse. » Ernest, un des bons copains de Maurice arrive alors, très étonné de le voir se tortiller au sol.
Maurice va de mal en pis. Ernest appelle le SAMU tandis que Maurice en sueur et tremblant persiste à pointer de son index Odile « C'est elle qui m'a empoisonné ! » A tel point que la désignée en larme retourne chez elle, incapable d’affronter plus longtemps le regard soupçonneux d’Ernest puis des secouristes. Quand le camion repart avec Maurice, direction les urgences, Ernest va aussitôt frapper à la porte d’Odile. Regrettant de l’avoir fui, elle le fait entrer. « C’est un grave malentendu. Je n’ai absolument pas voulu l’empoisonner, pas plus que ses lapins. » « Ses lapins ? » s’étonne Ernest « Oui, vous avez dû les voir, ils sont tous en tas au bas des clapiers » « Ce sont les lièvres que j’ai ramenés de la chasse ! Je les ai déposés hier matin à l’aube près des clapiers, sans rien dire il est vrai à Maurice, mais je venais aujourd’hui lui demander de m’aider à les dépecer, il est plus expert que moi dans cette tâche. Donc, vous n’avez pas empoisonné les lapins, je vous crois, mais quant à Maurice…Permettez-moi d’avoir des doutes. Attendons ce que vont dire les docteurs. » Odile passe trois jours épouvantables à attendre des nouvelles de Maurice.
Au quatrième jour, Ernest vient la chercher « Maurice va mieux, il souhaite vous voir. » Elle le suit, silencieuse et anxieuse que son voisin lui reproche encore de l'avoir empoisonné. Mais sur son lit d’hôpital, Maurice l’accueille avec sympathie « Je veux te présenter mes excuses Odile. Je t’ai injustement accusée. Au scanner, on m’a découvert une occlusion intestinale. C’est elle qui a causé mes douleurs de ventre, pas ta choucroute. Et pour les lapins, je tiens aussi à m’excuser. Ernest m’a appris qu’ils sont encore en vie, le pain rassis que tu m’as donné ne les a nullement empoisonnés. Je ne sais pas ce qui m’a pris de les confondre avec les lièvres ramenés de la chasse. Je me suis fait des nœuds aux intestins pour rien. » Plus encore que ce mauvais jugement, c’est une hernie inguinale qui est à l’origine de l’occlusion ainsi qu’un docteur l’explique à Odile. Mais elle ne gardera que la version de Maurice pour lui rappeler à l’occasion qu’il ne doit pas trop vite s’emporter face à une contrariété. Ils se régaleront encore de nouvelles choucroutes, et les lapins de nouvelles fournées de pain rassis, sans plus aucun souci. Fin


