Sur une bêtise de Balthazar - épisode trois

   Transcription des sténogrammes après chaque passage sténographié

« J'ai été trop bonne avec elle » soupire la vieille dame qui raconte alors « Quand elle est venue habiter dans l’appartement au-dessus du mien, elle était très déprimée. J'avais le cœur serré de voir cette jeune femme gâcher ses belles années à ruminer des idées noires. En discutant avec elle, j’ai compris qu’elle déprimait à cause de son double-menton. Elle ne parvient pas à le réduire malgré les diètes qu’elle s’impose. Je lui ai dit qu’elle ne pouvait plus continuer à s’affamer et lui ai parlé de chirurgie esthétique. L’idée lui faisait peur, elle ne voulait pas se faire opérer. Voyant qu’elle allait de plus en plus mal, j’ai pris l’initiative de lui faire rencontrer une amie qui travaille dans une clinique de chirurgie esthétique. La conversation qu’elles ont eue toutes deux a complètement fait changer Lola d’avis. Elle est devenue impatiente de consulter le spécialiste que lui a conseillé mon amie. Mais en apprenant que les soins de chirurgie esthétique ne sont pas remboursés, elle a fondu en larmes. J’ai eu le tort de m’apitoyer, je lui ai prêté de l’argent pour au moins couvrir ses frais de consultation. Imaginez mon amertume de la surprendre à me voler des patchworks. »

Comme l'explique ensuite madame Crozier, Lola a encore cherché à l'apitoyer par des pleurs et en prétendant que Gauvain faisait pression sur elle, qu'il avait menacé de mettre le feu à sa voiture si elle ne lui ramenait pas les patchworks. « J’aurais pu me laisser prendre à ce mensonge, mais il se trouve que… » Madame Crozier révèle alors une chose qui stupéfie Gauvain : cette vieille dame l’a connu tout bébé ! « Quand Lola m’a décliné vos nom et prénom, j’ai été bouleversée. Car j’ai connu un Gauvain Ferrant, j’en ai même été la nourrice de ses quatre mois à ses deux ans. J’ai immédiatement voulu savoir si vous étiez le petit Gauvain que j’avais pouponné. J’en ai eu la confirmation par votre grand-tante, madame Civerac. C’est une ancienne connaissance. Elle vous a…elle t’a bien décrit tel que je t’ai vu lorsque tu as sonné une première fois à ma porte. » Gauvain sait qu’effectivement il a été confié à une nourrice après le décès de ses deux parents dans l’incendie d’un gîte de vacances. « Vous seriez donc celle que j’appelais Dadette ? » « Oui, c’était moi ! Te souviens-tu de ma maison à Besançon et du chat Prosper qui t’endormait avec ses ronronnements ? » A suivre prochainement dans de nouveaux paragraphes.